19 avril 2014

Stance orphique

Si silence d'or
si six lances
dors ma science
d'or ma stance
si six lances
au constant vol
six lances d'or
autant volent
aux relents d'or
primevère constellée
constance est-elle
plus que l'âtre
antre du pâtre
qui fait l'hiver lisse
parsemant ses silences
semences de la stance
à venir à pan d'or
silence au temps fort
âtre des merveilles
pâtre de Pandore
âtre au feu neuf
lave les lessives d'hier
linge mou des tiédeurs rances
poissant l'hier aux plaies puantes

Six lances faisceau d'or
année d'or Anésidore
issu de Pandore
mon âtre à feu
frappe monnaie
glaive et lance faisceau pourpre
pâtre de Midi garde le Roi
son trône git dans mes béquilles
son thrène à tue-tête
sa tête joue aux quilles
féline sirène
sire que fait ta reine
Sélène aux fers saigne l'écume
tu t'es dit d'or comme les pommes
suint des agrumes aux sirops rances
vergers de mort sont ta potence
omnipotence
ventripotence
tu danses tu tances ma stance
moi pâtre à l'âtre au feu qui dort
je bats monnaie pour l'heure d'or
qui danse et danse encore
danse l'enfance au rire d'or

Stance au silence
enfant qui dort
silence est science
pour qui vit l'or
et but de l'eau
des jarres de Pandore
année si d'or
enfant qui dort
Anésidore
avant l'aurore
pare mes plaies
de tes peintures
face à l'aurore
orage d'or

Enfant silence
de ma science
âtre aux confitures
d'agrumes doux
mes pommes d'or
sont ma monnaie
campe mes bêtes
près de l'âtre
enfant de pâtre
veille nos mondes
enfant de l'âtre
au rire d'or
feu délire aux regards
tu fais les hommes fous
six lances en faisceau
silence au ponant fort
d'ire de l'or
tonnant l'éclair
rage de l'or
frappe monnaie
orage fort
frappe monnaie
l'enclume sied
à ma Syrte
Syrte au marteau
Syrte à l'éclair
battant de fers
chair des rois d'hier
voici tonnant
l'hirsute Anésidore
jarre à l'éclair
offerte en âtre
claire jument
dans ma nuit d'or

Orange et pomme
de nos feux
huiles et miels
de nos Cieux
ici les hommes
n'ont point d'yeux
lèvent les mains
vers les Cieux
pleurant criant
bavant mourant
fête des morts
pour mon aurore

Ici les hommes
n'ont point part
l'or fait à tue-tête
l'or fait à tue-tête
Orphée tu têtes
lourde bête
au ponant qui rugit
ponant qui rougit d'or
au matin lourd
chargé de chants
chants d'âge d'or
orage et vent
chants d'âge d'or
orage et vent

L'Orphée des lances
du silence
tait ma science
en tes yeux morts
silence d'or
est dans tes stances
six lances d'or
parent ton vol
terre des morts
frappée d'orage
ma monnaie ma monnaie
ma monnaie ma monnaie
ma monnaie ma monnaie
frappée à l'or des morts
Mammon est mort
de mon feu d'or
L'or fait délice du silence
science est mort
pour qui tait l'or
enfant frappé d'éclair
enfant né de l'éclair
clarté d'or Orphée des lys
enfant né porte mon chant
Sélène à tue-tête
pare nos nuits
sous la terre nous éclaire
porte d'or et de jasmin
porte d'écume brille d'or
Mammon est mort
et l'argent saigne
Mammon est mort
et l'argent saigne

L'âge d'or est d'Orphée
L'âge d'or est fait de nuit
Soulage mes blessures
dit Orphée à la nuit
panse mes grands rêves d'or
science des lys et des jasmins
Parent des délires d'or et des parfums
L'or fait délice du silence
L'or fait des lys
des puits de science
six lances sous l'orage
six lances d'or
à l'âge d'or
enfance d'or et du silence
Orphée danse de sa lyre
Six coudées franchies sous son pas
temple des morts comme une hélice
visse l'éclair des lyres de ma stance
cadence danse Orphée délire
orage enfant des matins d'or
orange et pomme douce-amère
prémisses du jour d'or
compotier d'Anésidore
garde l'amer des morts
en ton giron.

16 avril 2014

Anowarakowa

Sur ma terre près le matin il se fait orage,
Sur ma terre en Ouest le matin doit tonner.
Déjà l'Océan craque des pans de falaise en Ouest,
oiseaux de mer hurlent au matin,
oiseaux de terre rasent l'herbe haute comme les blés couchés
sur ma terre au Couchant des mondes
où le matin tarde dans le ciel d'orage.

Voici, et j'ai dit, le ciel n'est point encore distinct de la mer
et la terre, mon Ouest, hurle les oiseaux
qu'agite la promesse de l'éclair.
A point nommé l'obscur entoure
tout ce qui veut vivre et qui vient à vivre
et nul encore n'est frappé de sa charge de ténèbres.

Des plaines anciennes quelques hommes sont aux aguets
mais nul chant des hommes ne se joint aux premiers cris des bêtes
et les feux de l'hier s'éteignent en silence dans les cendres du matin,
sous la charge d'orage des nuages où l'éclair est pressenti
Mille pupilles noires se lèvent, ouvertes encore sur la nuit sans ténèbres
et les premiers embruns se mêlent aux clignements de leurs paupières de vivants.

Voici, et j'ai dit, sur ma terre en Ouest l'orage lève sa tête
et l'Océan, de toutes parts, craque les rivages où les bêtes inquiètes
convoquent les hommes à cette fête du poème
où s'en vient le matin par les senteurs d'orages et d'écumes:
Sur ma terre le Soleil !
Sur ma terre l'éclair et le claquement du Ciel !
Sur ma terre le déferlement des vagues en cascades
et le sifflement de joie de jeunes dieux innommés font du Ciel
et de la Terre un flamboiement sacré de mille feux:
C'est le vent et c'est la pluie, c'est le hurlement de tous les oiseaux
de terre et de mer, des bêtes lourdes mugissent
yeux levés au ciel et pupilles dilatées dans l'éclair !

Les blés battus éclatent tels des champs d'or sous les éclairs
Les tentes des hommes découvrent mille constellations inouïes
pour les yeux des enfants qui pleurent et des mères qui les consolent.
Les lances des chasseurs plantées en faisceaux couvrent la plaine
et certaines aussi seront touchées par l'éclair.

Sur ma terre aux orages le matin vient
Sur ma terre en Ouest un Orient s'éclaire
Et la terre en sa fête de vivants convoqués sous le Ciel
Découvre la mer au regard des enfants neufs du matin d'orage,
regard chargé des constellations des tentes dans l'orage
Regards lavés par la pluie d'orage et les mains maternelles,
Pupilles franches et noires dans le matin frais
Où le soleil porte promesse de blés et de chasses
Dans une lumière neuve et partout d'or.

Les lances sont aux mains des hommes
qui chantent à l'Ouest une louange aux grands morts.
Puis tournés vers le soleil ils peignent des blessures
et vont à leurs chasses dans le sourire d'un enfant moqueur
dont la main arbitrera les joutes au soir près des feux et des tambours.

Sur ma terre près le matin l'enfance veille dans la joie.

15 avril 2014

Elegie d'Amore

Non - je voudrais encore l'occasion d'une tendresse
plus qu'un regard échangé, pas encore un baiser mais
il n'y a plus que des cristaux, des vitraux
peut-être une fois l'occasion d'un psaume
peut-être

Agnelle, chère, engourdie tantôt et pas encore
à l'épars des chairs pliées du naissant
l'éveil à point nommé à peine t'effleure
du doux frôlement des tisanes de l'automne
que mon désert apprête de ses saveurs absentes
presque

Suint de l'estoc à mon flanc et le noir tison que peine
à couvrir l'atroce cicatrice de midi
non je n'oserais non je ne voudrais jamais
plus que ton clair regard échangé sans pitié -
ne promets nul baiser et des vitraux les teintes savantes
attendront à périr que ma mémoire s'éprenne du précieux instant.