23 avril 2016

Surseoir au saut du soir

Surseoir au saut du soir
entends bruire l'épars
des ventres des mères
appert dans les flots qui chantent
l'isthme au nom doux par les jeux des dauphins

*

Choc et rythme des mots noyés
La noix noire des fuites du langage
Barrez les tables des lois noires
Parez au vent mauvais qui -
Vent des fracas qui tourbe soulèvent
Vent et pluie qui effacent ton visage
Le fanal enflammé de tes yeux -
Choc noir où les mots manquent à surseoir
Fait l'hiver noir encore un automne sans espoir

*

Cher effroi du premier soir
Pareil au cri de l'aigle
Joie dans l'azur saint
Quand ma terre est un diamant sans taches.

21 février 2016

The American Dream or The Pursuit of Happiness


God's mistake

God's mistake was to give me - involuntarily - a post of observation by destroying everyone and everything I ever held on or cared for: friends who betrayed me, family that died, body that broke. Heck, even my birthday has become a curse !
Others may cry in distress, but when I stress too much I start to analyse, that's my source of intoxication.
I did analyse. A lot. And now Heaven's turned into a ghost factory.
Oh, why did God and his flock have to forsake me when I was at my most vulnerable hour ?
I've become a maze full of unconnected stars.
My night is full of gods, great and small, that never meet.
God can't save me without either revealing himself to the whole world - or destroy the world. Even then, I'm not sure there's anything left in me to save, it's just too late.
God wants slaves and sheep, I'm neither.
And I'm not a master either: I refuse to be served. Helped, yes, with a fair compensation. But served, never !
And I don't want more death and destruction but my own - though not before I've quenched my curiosity, and as long as I can tolerate this broken machine that once was an almost able body.

14 février 2016

Wičháša Olówaŋ - Chanson de l'Indien

J'ai pas de père
j'ai pas de mère
Pis mon frère est mort
à la maudite guerre

J'ai pas de char
j'ai pas de bike
pis j'ai pas de cheval
et y a plus de semelles
à mes souliers

Y a plus de pistes sur ma terre
les corbeaux volent au-dessus d'ma tête

le soleil brille en haut
à travers les nuages

A l'horizon je vois la montagne
couverte de neige.

19 janvier 2016

Élégie

L'ange la pierre une mort le seuil, une
herbe qui pousse sous la pierre
rien d'ici qui ne soit dans sa mémoire
invisible et partout présente
larme et sourire frôlement de l'aile

Un ange aux yeux brûlés
par le soleil du Père
mémoire de ce qui vient s'établir
dans la tempête hurlante
et l'horreur de la vie

Un même partage dans son dire et son taire
dans le bond joyeux des dauphins
dans le cri du vif martinet
dans le calme de la pierre où la source point

L'immatérielle vie l'éclat auprès duquel
Toute rose vive pâlit et se dessèche
Fuyant le siècle en tremblant sous l'orage du Ciel
À grand peine dire ce que le commun tait -

Enfant des eaux mortes, frère des poussières
une douleur devient ton chant
le cours de la vie au profond d'un presque
silence parfumé comme les fleurs diaphanes
de l'enfance aux rires tus - ma pauvre âme
sous le regard de la bête tantôt fauve
bête au regard inepte bête si certaine -

Ô Terre comment te quitterai-je où je n'ai rien
Qui se puisse bénir et tout amour meurtri ?