26 octobre 2014

Vers une fin de l'individualisme ?

Nous sommes à la fin de l'individualisme, autrement dit du nihilisme. Pour l'instant toutes les solutions "alternatives" qui pointent à l'horizon sont des escroqueries ou bien ne font que répéter le nihilisme passif inhérent au refus réactionnaire de l'individualisme qui est le caractère propre suffisant du modernisme.
Ainsi détruire des pièces d'art contemporain ne suscite pas de nouveaux Michel-Anges ou Van Goghs (L'Histoire ne repasse jamais les plats). L'époque nihiliste du capitalisme global se définit par le fait que la seule valeur d'un produit ou d'un être humain (personne ou groupe) soit sa valeur marchande. A ce titre on se rappellera le mot de Sarkozy qui résume le caractère psychotique du capitalisme: « L'Homme n'est pas une marchandise comme les autres. ».
Or la crise de la liquidité qui a éclaté en 2008 a détruit le seul étalon de toute valeur dans le monde du capitalisme global unifié qui a établi son hégémonie après la chute de l'URSS. Autrement dit nous vivons depuis ce moment dans un monde où tout vaut n'importe quoi et où l'argent ne vaut rien - puisqu'il n'est que de la dette, une dette mondiale qui appelle la question: qui est le créditeur du monde en dette ? Un tel créditeur, on le voit par l'énoncé même du problème, a un statut de transcendance, autrement dit d'escroquerie métaphysique à l'instar des énoncés théologiques qui sont également à visée hégémonique.
Pour l'instant toutes les alternatives au CGU agonisant sont réactionnaires (néo-fascismes occidentaux, islamisme guerrier, nationalisme hindou, etc.), il s'agit donc à mon sens de reprendre l'entreprise critique là où les penseurs d'entre Mai 68 et la chute du mur de Berlin (ainsi qu'entre-temps la révolution iranienne) l'ont laissée pour tenter de trouver des points de visée sur l'horizon d'un après le capitalisme qui sera un après de l'individualisme. Les tenants du capitalisme comme Jeremy Rifkin proposent une alternative au capitalisme dans l'horizon de son hégémonie (comme le logiciel libre et autres créations communautaires). Or on voit par exemple ce que le capitalisme parasitaire (par nature) en fait et quel bénéfice il en tire avec Google et sa récupération commerciale de Linux pour en faire la poule aux œufs d'or Android.
Il ne peut y avoir d'alternative au capitalisme sans que celui-ci soit au préalable éradiqué par un mouvement révolutionnaire global, politisé et synchronisé, sachant que ce capitalisme-là est né, en apparence paradoxalement, des événements de type Mai 68 qui ont fait craquer irrémédiablement le monde ancien sans préalables notables ni aucune coordination consciente et volontaire. Les événements de type Mai 68 (Berkeley, Paris, Varsovie, Le Caire, etc.) se sont produits spontanément et simultanément comme une onde de choc dont l'origine n'est situable dans aucun de ces surgissements qui n'en furent en rien la cause, et qui n'eurent aucune conséquence politique directe.

10 octobre 2014

Praison

ils sont
en prison
la maison
des raisons

ils ont
des raisons
ils promettent
guérison
ils ont bien raison
une comète
déraison
pour la maison
faut la mett'
en prison

une allumette
un tison
dans la maison
c'est la raison

la maison
est raison
des prisons

29 septembre 2014

Je ne suis pas prédéterminé parce que le futur n'existe pas.

Je ne suis pas prédéterminé parce que le futur n'existe pas.
Aucune acception du possible et du virtuel ne permet de façon suffisante de prédire un seul événement à venir.
Tout ce que nous pouvons en dire, c'est que le réel et l'actuel émergent respectivement: du champ du possible, et du plan du virtuel.
A chaque instant (càd le présent qui est la seule réalité), le pas suivant est toujours le fait d'un choix entre au moins deux
possibilités, ou en quelque sorte (sive) trois - ce qui fit dire à Kierkegaard que l'existence est toujours parfaitement triviale : avancer, se tuer, ne rien faire.
Les existentialistes français y ajouteront la révolte, ce que Deleuze corrigera en expliquant que l'acte de résistance peut être, selon les circonstances, le choix libre de l'une de ces possibilités, le choix qui permet d'augmenter la vie, autrement dit le possible qui ouvre vers d'autres possibles et qu'il s'agit d'actualiser et de réaliser dans un acte de création qui peut impliquer le choix de la mort.