21 février 2017

Nocturne

Sourd dans la nuit bleuie une valse aux accords
Doux et tristes comme une jeune et belle sainte
Et un effluve de vin doux, charmante plainte
De l'été mort où suaves s'émurent les corps.

Obscurs les chemins de l'âme à l'heure où l'amour
Se perd dans l'attente enfantine de l'éclair
Et le chant du rossignol dit au cœur gourd -
La nuit a ton visage telle une phalère.

06 décembre 2016

Hiver portant l'hiver

Hiver portant l'hiver, te voilà
Et l'ombre des grands chênes
Creusant les cicatrices de l'été
N'est pas plus noire que le cri muet
Des branches mortes que
Les oiseaux voyageurs ont désertées. 


Hiver portant l'hiver, me voici
Mon poids de mort en son cortège
Creusant les cicatrices de nos amours
N'est pas moins froid que la porte blanche
Des promesses de qui presque
Porta l'étoffe de nos chairs écartelées.

04 décembre 2016

Chant Alterné

Dans l'effroi blanc d'être et de n'être pas,
Qui alors, dirons-nous, de ses mains saintes,
Oui : qui donc borne la nuit sans étoiles ? 

From eternity to eternity I am non-being.
The glimpse in between is pain and blindness
Illusion of self on self.

Des plis survolant l'étroit guet d'Or
Dans la douleur d'être et de n'être pas
Il se fait dire d'Azur le poème 

A blue silken ribbon in a broken soul
From eternity to eternity passing through
Honeycombs the frost of our great dead 

Rose morte abandonnée sur un livre
S'attarde une abeille parfois et passe
Dans l'innocence d'être et de n'être pas. 

To and fro the stainèd cradle grinds
Its load conceived in the darkest angst -
From eternity to eternity were you ever willed?

30 octobre 2016

Conte d'Halloween

Je dormais, Claire, par un triste matin
Qu'alors pensive sous la nue fraîche
Vous vîtes poindre dans l'épais brouillard
Et les larmes de vos yeux de satin
Allant au pas des morts une calèche. 

Je t'aimais à mort lente, enfant vieillard
D'un automne blafard, exsangue et morne,
Et toi ! Toi ! Tu me vis parmi les morts !
Debout comme dans la robe d'un saint !
De ma mémoire je fixai les bornes

Et fis tout gai mes adieux aux remords !
Mais sur la route vers vous toute ouverte
Une ombre, une silhouette, est-ce lui ?
Rieur où je souris, mais oui, c'est lui !
Fort comme un père et d'un pas bien alerte

C'est donc bien lui que vos yeux invitaient
Ne voyant de moi ni le corps ni l'ombre.
Alors je m'en retourne sans cœur ;
Dans l'automne blême, sinistre et glacé
Mon âme brûlée épouse la pénombre 

Et conclut ici son sort en cette heure. 

Je dormais, Claire, par un triste matin
Qu'alors pensive sous la nue fraîche
Vous vîtes poindre dans l'épais brouillard
Et les larmes de vos yeux de satin
Allant au pas des morts une calèche.